ETALAB, COEPIA et APIE

Par Stéphane Cosson le 25 janvier 2012 | (0) Commentaires | Permalink

Savez-vous que depuis un décret de mai 2011, en ce qui concerne la réutilisation, la règle est la gratuité et l’exception la tarification ? Si l’administration veut tarifer, il faut qu’elle rédige un dossier motivé à la fois au COEPIA (Conseil d’Orientation de l’Edition Publique et de l’Information Administrative) et à l’APIE (Agence du Patrimoine Immatériel de l’Etat). Ce qui peut peut-être expliquer pourquoi certains départements payants sont devenus gratuits.

 En outre, le Premier ministre François Fillon a créé par décret la mission Etalab le 21 février 2011. Ne me demandez pas le développé du sigle, je ne l’ai pas trouvé. Etalab coordonne l’action des administrations de l'Etat et apporte son appui à ses établissements publics administratifs pour faciliter la réutilisation la plus large possible de leurs informations publiques. Placé sous l’autorité du Premier ministre et rattaché au Secrétaire général du Gouvernement

 Etalab a réalisé une Licence Ouverte pour faciliter la réutilisation libre et gratuite de ces informations publiques, telles que définies par l’article 10 de la loi n°78-753 du 17 juillet 1978 :

 Dans le cadre de leurs missions de service public, les administrations produisent ou reçoivent des informations publiques qui peuvent être réutilisées par toute personne physique ou morale à d’autres fins que celles de la mission de service public.

Ne sont pas des informations publiques au sens de la loi du 17 juillet 1978 les informations contenues dans des documents dont la communication ne constitue pas un droit (en application de la loi du 17 juillet 1978 ou d’autres dispositions législatives, sauf si ces informations font l’objet d’une diffusion publique), celles contenues dans des documents produits ou reçus par les administrations dans l’exercice d’une mission de service public à caractère industriel ou commercial, et celles contenues dans des documents sur lesquels des tiers détiennent des droits de propriété intellectuelle.

Ne sont également pas des informations publiques susceptibles d’être réutilisées celles qui contiennent des données à caractère personnel, sauf lorsque les personnes intéressées y ont consenti, ou lorsqu’elles ont fait l’objet d’une anonymisation par l’administration, ou lorsqu’une disposition légale ou réglementaire le permet (dans ces trois cas, la réutilisation est subordonnée au respect de la loi n°78-17 du 6 janvier 1978).

 Cette licence réaffirme la liberté de reproduire, de copier, de publier et de transmettre l’information sous réserve de mentionner la paternité de celle-ci (a minima le producteur). Voir aussi sur ce sujet la note de Jordi sur la protection de nos arbres généalogiques :

 http://papiers.poussieres.free.fr/index.php/2012/01/05/de-la-protection-de-nos-arbres-comment-mais-surtout-pourquoi/

 Etalab rappelle la possibilité d’adapter, de modifier, extraire et transformer l’information pour pouvoir en faire autre chose. Cette licence précise que les réutilisateurs pourront exploiter à titre commercial en la combinant avec d’autres informations ou en l’incluant dans un produit ou une application.

 Elle prémunit les futurs usagers de tout risque lié au code de la propriété intellectuelle.

 Enfin, cet accès aux données publiques offre l’opportunité de faire émerger des connaissances inédites sur un territoire, de partager les éléments de la décision publique avec une société civile qui le demande et qui, sinon, se fera sa propre idée en dehors de tout dialogue avec les auteurs publics, selon la Fédération Internet Nouvelle Génération.

 Il me semble que cette licence fait bien avancer le débat sur les licences de réutilisation commerciale. Qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Actualité

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Les difficultés du généalogiste professionnel

Par Stéphane Cosson le 18 janvier 2012 | (19) Commentaires | Permalink

Je suis en train de préparer une future note que j'intitulerais "le mythe du généalogiste maudit" et pour cela, je prends des notes, je lis, j'essaie de comprendre. Vous me direz plus tard, quand elle sera écrite, ce que vous en penserez. En attendant...

Dans ma documentation actuelle, ce qui m'a frappé, ce sont les trois types de difficultés qui ressortent dans les écrits de mes confrères :

  • La profession non réglementée : pour pallier à cela, ont été mis en place quatre critères exigés pour les professions réglementées : union, code de déontologie, carte professionnelle nationale, assurance responsabilité professionnelle de groupe. Un membre de la profession siège en outre à la Commission Nationale de Concertation des Professions Libérales et Gérard Longuet a entendu des généalogistes lors de son rapport sur les professions libérales. La seule référence valable pour notre métier est notre statut fiscal.
  • l'accessibilité aux sources : les dérogations, nécessaires à l'accès aux archives de moins de 75 ans, sont dans une période transitoire, la formule actuelle  semblant ne satisfaire entièrement personne. Ce qui ralentit les recherches. En outre la fermeture des Archives pendant de longs mois, pour cause de déménagement, ralentit nos délais de livraison. Les archives numérisées sur Internet font perdre une catégorie de clientèle. Il n'y a enfin aucun privilège à exercer la profession quand nous fréquentons les Archives.
  • La crise économique : La recherche que nous proposons n'est pa un produit de première nécessité. Les demandes sont en ralentissement. Le panier moyen par dossier est en baisse. Le nombre de professionnels familiaux se réduit progressivement. La généalogie n'est pas un métier d'avenir, c'est plus un métier en voie de disparition.
  • 

S'agit-il vraiment de difficultés ?

Pour ce qui est de la profession réglementée, soyons clair, c'est de l'administratif qui a été mis en place. Mais cela n'a rien changé, nous sommes toujours une profession non réglementée. Qui plus est, cet administratif n'est pas une aide pour vendre plus et contourner en partie les autres difficultés. Pour qui a-t-il été mis en place ? Qui rassure-t-il ? Les clients ou les généalogistes eux-mêmes ? Sur quoi se base le client pour commander ? Sur la compétence du généalogiste ou sur ces quatre critères ? Font-ils partie de la compétence ? Posons-nous la question. Est-ce vraiment une difficulté  ou une manière de nous rassurer ? Et si on oubliait l'administratif pour faire progresser les compétences de l'ensemble de la profession ?

En ce qui concerne l'accessibilité aux sources, effectivement nous n'avons aucun contrôle sur les fermetures d'Archives, les numérisations de documents et leur mise en ligne. Ou sur les formes de demande de dérogation. Par contre, en tant que professionnel, nous pouvons anticiper et contrôler les conséquences. Les Archives ferment ? Cela se sait suffisamment tôt pour faire de la prospection vers d'autres services, pour prendre rendez-vous avec le conservateur et lui demander ce qui a été prévu pour les professionnels pendant la fermeture. Certains documents sont numérisés et mis en ligne ? Là encore, nous le savons assez tôt pour devenir créatifs et proposer d'autres produits afin de ne pas perdre de la clientèle. Nous savons qu'une clientèle ne viendra plus vers nous. Allons en chercher d'autre. Contrôler les conséquences. Anticiper pour maitriser.

Ah, la crise économique ! Inconvénient ? Difficulté ? Vraiment ? Nous sommes un métier qui est né de la crise économique. Faire une histoire de la généalogie en tant que loisir populaire de masse, comme l'a fait Patrice Cabanel, montre bien que le premier choc pétrolier a enclenché, si je puis dire, cette poussée massive des gens vers les Archives et leur passé. C'est flagrant. Nous arrivons quelques années plus tard. Sans la crise économique, sans doute ne serions nous pas nés à nouveau comme métier. Nos clients sont des clients de la crise économique. Pourquoi en faire une difficulté ? N'y a-t-il pas plutôt derrière autre chose ? Une absence du sens de la vente, d'aller chercher le client. Or pas de vente, pas de marché. Pas de marché, pas d'entreprises généalogiques. Pas d'entreprises, pas de travail. Pas de travail, pas d'argent. Pas d'argent, crise ! Et si on allait d'abord par chercher le client ? Créer un marché pour se créer du travail et donc faire circuler de l'argent vers nous ? Parce que, crise économique ou pas, il existe encore des gens qui sont prêts à payer ce service.

S'agit-il vraiment de difficultés ? Je ne le crois pas.

Voir aussi :

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In Memoriam : Marc Puech

Par Stéphane Cosson le 12 janvier 2012 | (1) Commentaires | Permalink

Son nom ne vous dit peut-être rien. Mais pour ceux qui s'intéressent à la généalogie dans le Tarn, son nom est incontournable. Vous avez forcément fait un tour sur son site : Orencie Capelle, du nom de sa grand-mère paternelle. C'est là que vous avez trouvé,entre autres, la liste de tous les CM du Tarn de 1670 à 1792 au moins et il commençait à y mettre les testaments dépouillés par d'autres lecteurs des AD 81. Il y avait regroupé aussi des relevés systématiques avec filiations des mariages de nombreuses communes tarnaises. Au point que la Revue Française de Généalogie signalait systématiquement Orencie Capelle dans son hors-série Internet et Généalogie.

Vous pouviez lire parfois aussi ses commentaires sur ce blog.

Une longue maladie l'a malheureusement rattrapé trop tôt. Sa gentillesse, sa disponibilité, son sens du partage, son grand coeur et sa passion vont nous manquer.

A Dieu, Marc.

Voir aussi : Actualité

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La numérotation Beruck

Par Stéphane Cosson le 5 janvier 2012 | (13) Commentaires | Permalink

En faisant des recherches pour mes cours à Nîmes, je suis tombé sur une nouvelle numérotation généalogique. Voici ce qu'en dit sont inventeur, dans le cadre d'un forum :

"La numérotation Beruck se base d’abord et avant tout sur celle inventée par l’ami des généalogistes, Jérôme de Sosa. Le personnage central sur lequel vous bâtirez votre classement se nomme le de cujus et portera le numéro 1. Les ascendants de celui-ci obéiront à la règle qui veut que le père d’un individu soit représenté par un nombre égal au double de celui que porte son enfant, la mère étant représentée par un nombre égal au double de celui que porte son enfant plus un.

  Numérotation

Jusque-là, rien d’innovant. Passons donc au cœur du problème : les descendants des ascendants du de cujus. Pour numéroter un tel individu, il suffit de rajouter l’initiale de son prénom à celui de ses parents qui est le plus proche de la numérotation de Sosa du de cujus. La numérotation se base donc sur la filiation directe : un enfant n’aura comme début de numérotation celle de son père que si celui-ci est descendant de la lignée principale.

 Sexe

Les hommes sont représentés par une lettre majuscule, les femmes par une minuscule. Si le prénom est inconnu, l’initiale sera remplacée par le symbole mâle/femelle, suivant le cas.

 Alliés

Pour numéroter un allié (un compagnon/une compagne), qui n’est donc pas un descendant d’un ascendant du de cujus (sauf exception : voir IMPLEXES), il aura la numérotation de sa moitié suivit du symbole « & » et de son initiale. Les enfants issus d’une relation entre un allié et un individu extérieur à la famille auront la numérotation de l’allié suivit de leur initiale. L’individu non allié aura la numérotation de l’allié suivit du symbole « & » et de son initiale.

Initiales

Le problème qui se pose est le cas fort courant de plusieurs membres du même sexe d’une fratrie (recomposée ou non) ayant les mêmes initiales. Il est alors donné arbitrairement à l’un des enfants problématiques le suffixe « 2 ». Il est évident que si nous avons X individus de même sexe aux mêmes initiales, nous rajouterons les nombres correspondants derrière l’initiale de chacun. Le « 1 » n’étant pas attribué, il y aura donc un de ces enfants qui ne comptera que son initiale.

De même, si un individu a eu plusieurs conjoints et que ceux-ci ont les mêmes initiales, la règle du suffixe chiffré sera d’application.

 Parrains/marraines

Pour ce qui est des membres extérieurs à la famille, ils porteront la numérotation de leur filleul le plus âgé suivit d’un astérisque « * » et de leur initiale. Si un membre de la famille en parraine un autre, il ne sera pas représenté par cette numérotation.

Implexes

Comme les individus issus de ce genre de situation peuvent avoir plusieurs numérotations, il faut donc respecter une priorité dans celles-ci. Il convient de prendre celle débutant avec le Sosa le plus petit. Si les différentes numérotations comportent le même , la lignée la plus directe (le moins de « & ») primera. S’il n’est toujours pas possible de les départager, la numérotation la plus courte sera de mise. Enfin, dans le cas d’individus issus de cousins germains dont les deux numérotations possibles sont les mêmes hormis la dernière lettre, celle du père l’emportera.

Généalogie d’un allié

Pour remonter la généalogie d’un allié, ses ascendants seront soumis à une numérotation de Sosa. Ils se verront donc attribuer la numérotation de l’allié (devenu de cujus secondaire) suivie d’un tiret « - » et du numéro Sosa correspondant. Toutes les règles citées jusqu’ici s’appliqueront, en n’oubliant pas que tout individu issu de la branche principale reste prioritaire. Remarque : Il existe un cas particulier où deux frères/cousins s’unissent à deux sœurs/cousines et où aucune des priorités de numérotation précitées ne permet de déterminer de de cujus secondaire. Il sera donc laissé au soin du généalogiste de le choisir sur base d’autres critères ou arbitrairement.

 Priorité de classement

Il est fortement conseillé d’écrire chaque individu sur une fiche individuelle afin d permettre l’insertion de nouveaux individus dans le futur. Ainsi, pour avoir une facilité de lecture de vos données, il faut donner une priorité entre les différents types de caractères afin de classer efficacement ses fiches. Je préconise celle-ci : nombre > lettre > mâle/femelle > & > - > *"

 Le seul inconvénient de cette numérotation est celui inhérent à la numérotation de Sosa : elle doit être entièrement revue si l’on change de de cujus. Vous l'avez compris, il s'agit d'une numérotation globale, dont on se sert principalement au début, avant d'utiliser un logiciel, quand on veut assimiler les différents liens de parenté et avoir une vue d'ensemble de la généalogie que l'on commence. Pour moi, c'est véritablement une numérotation de compréhension de "la généalogie, comment ça marche ?".

J'avoue que je ne la connaissais pas avant de tomber par hasard sur le forum où Christophe Beruck l'expliquait. Mes étudiants étant pour la plupart des débutants, elle m'a semblé intéressante à leur faire connaître en parallèle de  Sosa-Stradonitz et d'Aboville. Je ne sais pas par contre  si cette numérotation aura le même succès international que les deux autres.

Et vous qu'en pensez-vous ?

Voir aussi : Initiation

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La lancinante question de la rentabilité chez les généalogistes familiaux

Par Stéphane Cosson le 27 décembre 2011 | (66) Commentaires | Permalink

Ah cette fameuse question !  La lecture d'un petit article de Renan Yvon sur le site de la RFG m'a fait rebondir à ce sujet. De même qu'une conversation avec une consoeur .

Comment résoudre le problème de ce temps de synthèse que l'on passe pour nos clients ? Des recherches nécessitant après une journée aux AD un à deux jours (parfois plus) de travail intense : traitement des photos, saisie des données, mise en forme etc. aboutissant au dossier que le client demande. Comment reformuler le fameux "forfait d'une journée aux AD comprenant etc." ? écrit-elle dans un de nos échanges.

A partir de là, j'ai fait un petit calcul parce que cela me paraissait important de chiffrer derrière, d'avoir du concret. Mettons qu'elle fasse payer 30 euros l'heure.  Mettons que les AD soient ouvertes au public 7 heures par jour.  Le forfait d'une journée aux AD  est donc de 210 euros, prix payé par le client hors frais de déplacement. Et pour ce prix, il a donc un dossier comprenant la saisie des données, des photos, un arbre généalogique, etc. le tout relié.

Pour cela, elle passe un à deux jours de travail intense en plus des recherches aux AD.  Un jour de travail intense signifie pour moi que ce jour-là est un jour où je travaille plus de 8 heures. C'est mon interprétation, pas forcément la sienne. Dans ce cadre, deux jours de travail intense, ce sont deux jours où je travaille de 10 à 12 heures, voire plus encore. Mettons 10 heures/jour.

Quel est alors le temps de travail réel pour un forfait d'une journée aux AD ? 27 heures (7 heures de recherches + 20 heures de travail derrière). Et non plus 7 heures.

Quel est le prix réel du travail effectué ? 810 € (27 heures multipliées par 30 € l'heure). Et non plus 210 €.

Mais quel est le prix réel horaire payé par le client ? 7,78 € (210 €  divisés par 27 heures de travail effectives). Et non plus les 30 € annoncés. Puisqu'il ne paie pas le travail de synthèse qui s'est déroulé derrière le temps de recherche mais le forfait d'une journée aux AD.  Pour mémoire, le SMIC horaire passera à 9,22 € brut au 1er janvier 2012.

Je crois que ces quelques chiffres permettent de savoir concrètement où se situe le problème de cette lancinante question de la rentabilité chez les généalogistes familiaux. Questions : le client est-il prêt à payer 810 € un travail qu'il payait auparavant 210 € ? L'augmentation n'est pas vraiment une "petite" augmentation. Il risque fort de ne pas vouloir. Le but n'est pas non plus de perdre notre clientèle. Ou bien le client est-il prêt à payer le même prix, 210 €, voire légèrement augmenté de 2 heures, pour un travail rendu différemment ? Que faut-il : rémunérer toutes nos heures de travail ou faire cadeau d'au minimum les 2/3 de celles-ci ? Si c'est faire cadeau des 2/3, autant l'annoncer clairement et ne plus définitivement se poser cette question de la rentabilité. Mais n'est-ce pas alors dévaloriser notre travail ?

Voir aussi : Secteurs d'activité

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Et bien ça y est, c'est parti !

Par Stéphane Cosson le 18 décembre 2011 | (3) Commentaires | Permalink

Et bien ça y est, c'est parti ! J'ai rencontré mes étudiants du Diplôme Universitaire de Nîmes vendredi. Je ne sais si je leur ai fait bonne impression. J'espère. Autant j'étais un chouïa coincé lors de la présentation devant eux et les autres professeurs (pas le moment de me rater), autant ensuite, entre nous, j' ai senti que je me détendais. Nous étions entre nous et c'étaient à eux de se présenter à moi. Notamment sur leur pratique en généalogie, leur envie, leurs besoins.

Ne me manquent que les étudiants de la Licence Pro "Agent de Recherche Privé" qui ont 8 heures de généalogie. Les 8 premières heures seront donc mutualisées avec celles du DU. Avant d'avoir une évaluation  spéciale pour eux qu'il me faut maintenant rédiger et pour laquelle je vais mettre en place une notation.

Passer de l'autre côté de la barrière, avoir des "vrais" étudiants devant moi, qu'il va falloir noter, Mein Gott ! J'ai l'impression d'avoir vieilli.  Mais en même temps, cela va être, je crois, une belle aventure. Ils m'ont semblé, du moins certains, impatients que je leur apprenne, je suis de mon côté impatient de faire passer ma passion. Malgré tout, ce n'est pas le moment de me louper. Ce qu'il y a de bien, ce qui me rassure, c'est qu'il s'agit pour la plupart de débutants. Une terre vierge à défricher. Génial !

Il n'empêche : je me dois de bien préparer mes cours. De penser aux documents sur lesquels nous allons travailler en faisant lien avec les autres cours. A ce que je veux leur transmettre. Aux travaux que je vais leur demander. Même si j'ai une petite idée pour l'un puisque un bon nombre envisage une reconversion. Taratata : Ils ne vont pas couper à l'étude de marché notée !  Pour l'autre, nous avons 30 heures de travaux pratiques aux AD. A moi avant à préparer le travail, déblayer le terrain.

Du boulot en perspective en plus de ce que j'ai déjà ! Pas grave ! Je crois que je vais m'éclater.

Voir aussi : Actualité

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Créer de la concurrence

Par Stéphane Cosson le 9 décembre 2011 | (17) Commentaires | Permalink

Je vais reprendre ici le dernier commentaire que j'ai fait à Yvon Renan dans ma dernière note en essayant de le développer plus : je suppose que vous avez vu comme moi la publicité d'une chambre syndicale dans le dernier numéro de la RFG.

Etes-vous allé sur leur site, qu'ils donnent dans la publicité ? Je vous mets au défi d'y trouver mention de quoi que ce soit concernant ce stage de formation de 155 h pour devenir généalogiste familial professionnel.

Qui fait partie de l'équipe "professorante" ? Quel est le programme des cours et quel est le nombre d'heures pour chacun de ceux-ci ? Quel planning ? A quelle date ? A quel endroit ? Est-ce exigible au DIF ? Quel coût pour le stagiaire ? Y aura-t-il un diplôme ? Une attestation de formation ? Où s'inscrit-on physiquement (où peut-on retirer les dossiers si vous préférez) ? Existe-t-il des préalables à l'entrée dans la formation (combien d'années de pratique dans la généalogie par exemple) ?

Aucune information sur ces sujets, importants s'il en est, nulle part dans le site. Dans la FAQ, vous trouvez seulement mention, dans la réponse à la question "Comment entre-t-on à cette chambre syndicale ?", que celle-ci ne fait pas de formation ni de conseils à l'installation. Comme un bug peut-être ? Ou une information pas mise à jour ? Je n'ai rien contre elle en particulier. J'en ai été membre et, quand j'y étais, je m'y sentais complètement à mon aise. Nos chemins se sont séparés pour diverses raisons. Je ne les attaque pas personnellement, j'essaie simplement de globaliser à partir de leur publicité comme quelqu'un qui chercherait des renseignements parce qu'il a trouvé celle-ci alléchante et qu'il a envie de franchir le pas. Rien de personnel, je préfère le redire.

Je suppose donc qu'il faut uniquement appeler le numéro de portable donné pour en savoir plus. J'aurais préféré personnellement un numéro fixe.Tout le monde n'a pas forcément envie d'appeler un numéro de portable et  mon réflexe premier pour avoir de l'information, c'est Internet. Pas le téléphone.

De même, vous ne trouverez pas cette information dans le site de l'IEFGP (http://www.devenir-genealogiste.com). La formation était bien mentionnée mais "en cours de réalisation, visitez le site de la chambre syndicale". Je dis "était" car lors de ma dernière visite sur le site, avant de rédiger la note, cela avait complètement disparu.

 On lance une publicité : il faut qu'il y ait l'information sur Internet disponible avant. En tout cas, pour moi, c'est une évidence. Je trouve cela dommage si ce n'est pas le cas, c'est comme scier la branche sur laquelle on s'asseoit.

Autre point qui me gêne, mais là de manière beaucoup plus globale. Avant de former de la concurrence, est-on absolument sûr que tous les professionnels familiaux vivent correctement de leur métier ? Pour moi, vivre correctement, cela veut dire dégager a minima un CAHT de 24000 €. Soit un SMIC. Est-ce le cas pour tous ? Sinon, pourquoi mettre en place de la concurrence qui, forcément, va prendre du chiffre d'affaires ? Pourquoi ouvrir un marché ? Est-ce qu'il ne serait pas plus intéressant de s'auto-former, en interne, pour que chacun puisse améliorer ses revenus, en cherchant alors quels sont les manques de la profession ? Cela me paraît être un préalable à la réflexion. Fermer le marché en mettant des barrières à l'entrée, se développer puis au fur et à mesure des besoins nécessaires à la profession, ouvrir petit à petit le marché pour par exemple former de futurs salariés plutôt que des concurrents.

Quelques réflexions à chaud que m'ont inspiré cette publicité. Aucune attaque personnelle, je préfère le dire une troisième fois. Je l'ai vue, je suis allé faire de la veille à ce sujet. Normal, quoi  ! Mais elle me laisse un goût amer dans la bouche.

Voir aussi : Actualité

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Un familial peut-il se développer autant qu'un successoral ?

Par Stéphane Cosson le 26 novembre 2011 | (14) Commentaires | Permalink

Il y a quelques années, quand j'étais encore membre d'une chambre c'est dire si cela date, j'avais discuté avec des confrères généalogistes familiaux, affirmant qu'il était possible à un généalogiste familial de pouvoir se développer autant qu'un généalogiste successoral, voire même réaliser un chiffre d'affaires équivalent. Mes confrères n'y croyaient pas du tout. Et le mot est faible.

A l'heure où je me pose des questions sur une éventuelle embauche d'une, voire deux, personne(s) en plus (pour pouvoir profiter de mes week-ends, par exemple, ou ne pas faire attendre des clients plusieurs mois par manque de temps à leur consacrer complètement, ce qui est plus grave que mes week-ends, et enfin développer des projets qui dorment dans des cartons depuis plusieurs années faute de manque de temps), la question surgit à nouveau. Il faut dire que ma lecture actuelle sur l'économie de la connaissance (eh oui, le livre est petit mais dense, donc long à lire) n'y est sans doute pas pour rien.

Il existe en économie de la connaissance ce qu'on appelle l'Argument de Baumol. De quoi s'agit-il ? Il y a dans notre économie des secteurs progressifs et d'autres qui ne le sont pas. Presque une lapalissade dit comme cela. En fait, il faut aller chercher plus loin.

 Il y a des secteurs intrinsèquement non progressifs pour lesquels les limites de la croissance sont inhérentes à la substance de l'activité. C'est le cas du spectacle vivant. Difficile d'accélérer la musique de Mozart ou de jouer une pièce avec moins d'acteurs que prévu.

Il y a aussi des secteurs structurellement non progressifs. Les problèmes sont liés aux modes de création et d'exploitation des savoirs. ils ont été établis à un moment donné, compte tenu d'un certain état des connaissances. Ils peuvent donc évoluer. Mais parfois, cette évolution "naturelle" peut être ralentie par des "croyances".

Pour moi, le secteur de la généalogie professionnelle est typiquement là dedans. Ce que j'ai entendu de mes confrères lors de cette discussion passée est une croyance. Rien n'empêche le développement économique a priori.  Il existe des opportunités offertes notamment par le changement technologique mais pas seulement. Par contre, je subodore que l'on se met des freins. Car le secteur de la généalogie s'est transformé. De nouveaux acteurs sont apparus, se sont développés, s'adaptaient au fur et à mesure que la généalogie évoluait. Et nous ? Que s'est-il passé pendant ce temps-là ? A part d'être à la traine ?

Pourquoi n'osons-nous pas ? De quoi avons-nous peur ? C'est comme si nous n'avions pas pris conscience de nos avantages, des arguments que nous pouvons faire valoir à notre clientèle, des preuves que nous pouvons apporter de notre savoir. C'est en tout cas l'impression que j'ai parfois quand je suis des formations et que je discute avec d'autres professionnels libéraux. En tout cas, c'est ce qu'ils me renvoient et je ne me sens pas "coincé", étant plus dans l'envie de  développer mon entreprise.

Et si on essayait pour une fois de  croire l'inverse, que nous sommes en capacité de nous développer, de prendre une place suffisante ? Après tout, quel est le risque ?

Voir aussi : Secteurs d'activité

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Le prénom de Mademoiselle PUECH

Par Stéphane Cosson le 9 novembre 2011 | (2) Commentaires | Permalink

Je faisais des recherches sur Valence d'Albigeois quand, tout à coup, je suis tombé sur cet acte :

Le 3 septembre 1702 a été baptisée Catherine Puech, fille légitime de Jean Puech et de Marie Courbière, née la veille, à qui on a imposé le prénom Christine. Son parrain Jean Puech, oncle, marraine Christine Puech sa grand-mère.

Ah ! Relisons, on ne sait jamais. C'est la fin de la journée, deux ordinateurs se sont déjà éteints sans que je le leur demande alors que je travaillais dessus, avec impossibilité de les rallumer, l'imprimante m'a imprimé mais sans me sortir de document,  pourquoi pas un acte farfelu en plus ? Cela ne me choquerait plus.

A été baptisée Catherine Puech à qui on a imposé le prénom Christine, je ne me suis pas trompé. C'est bien ce qui est écrit sur l'acte. Restons zen : allons voir sur l'autre registre paroissial comment elle se prénomme cette demoiselle nouvellement née. Au double du greffe, l'acte est normal, elle se prénomme Christine. Tout va bien !

Que s'est-il donc passé ? Nous sommes au début du mois de septembre, notre curé aurait-il déjà abusé du vin de messe nouveau ? Et surtout, je mets quel prénom ? Dois-je tenir compte du prénom Catherine ou pas ?

J'ai décidé, parce que dans ces cas-là il faut bien prendre une décision, de lui laisser ce prénom de Catherine et de la noter comme Christine Catherine Puech. Je ne sais si c'est la bonne décision mais au moins, il me semble que les deux actes sont respectés.

Voir aussi : Initiation

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Archives Départementales vs NotreFamille : un problème d'appropriation ?

Par Stéphane Cosson le 5 novembre 2011 | (7) Commentaires | Permalink

Maintenant que le soufflé semble un peu retombé, avant que ne crissent à nouveau les épées sous le feu de l'aiguisement, et si nous regardions ce qui se joue entre ces deux protagonistes en prenant un peu de distance, de hauteur ? Et si nous passions cette question au crible de l'économie de la connaissance ? Que pourrions-nous apprendre ?

Nous avons tout d'abord ce qu'il serait possible d'appeler un inventeur : les Archives Départementales. L'invention ? La mise en ligne sur Internet d'images numérisées.Le coût de la première utilisation de celles-ci est très élevé. Il inclut en effet le coût de leur production. Par contre, multiplier les usages n'impose pas de coûts supplémentaires.

Cet inventeur va avoir des difficultés, a des difficultés pour conserver son invention de façon exclusive tout en l'utilisant. On voit bien ce qui se passe actuellement entre les Archives et NotreFamille, le bras de fer qui s'est engagé.

Cette invention, bien non rival, difficilement contrôlable, est un bien dont l'usage peut potentiellement se multiplier sans entrave. Deux manières pour ce faire : soit c'est le fait de quelqu'uns (NotreFamille par exemple), soit cela passe par un multitude de contributions et cela donne une image un peu éparpillée, insaisissable, voire même chaotique, mais de même valeur.

Dans un cas comme dans l'autre, cela exige de la part de l'inventeur une attitude positive. Il doit souhaiter que le fruit de son travail puisse être utilisé par d'autres qui continueront le chemin qu'il a commencé à tracer. Il me semble que les Archives sont bel et bien dans cette attitude.

Une de ces disséminations possibles ? L'indexation des photos mises sur Internet.

Mais il y a un petit hic. Comment disséminer de manière large et rapide ? Que vaut-il mieux : la multitude  ou seulement quelques uns ? Les économistes de la connaissance nous affirment que la multitude est préférable. En effet, ainsi chacun met dans un pot commun son savoir et son savoir-faire. Par le biais de licences croisées, chacun peut se servir du moment qu'il contribue au stock de savoirs collectifs.

Deuxième hic : comment obtenir une rente produite grâce à cet effort d'invention ? Les Archives ont trouvé une première solution par le biais des licences de réutilisation. Mais ce n'est qu'une solution parmi d'autres possibles.

Il me semble, mais je peux complètement me tromper, que NotreFamille essaie de mettre en place une autre rente mais envisagée cette fois-ci de manière monopolistique. L'entreprise a bien compris  que l'indexation peut être rentablement intéressante. Là encore, un coût pour la mettre en place, en tant qu'inventeur à son tour, puis autant d'utilisations qu'il est possible d'imaginer moyennant financement par les utilisateurs.

A priori, de la manière dont semble se dérouler le combat entre les deux parties, il n'est pas envisagé, voire pas envisageable, qu'il y ait mise en place d'une concurrence potentielle. D'autres firmes essaieront sans doute d'entrer une fois qu'elles auront compris le profit qu'il est possible d'en retirer. Mais cela sera-t-il encore possible pour elles ? N'y aura-t-il pas mise en place de barrières à l'entrée, empêchant toute concurrence, permettant de mainteinr un prix fixé uniquement par NotreFamille ? Elle maximisera alors sa position monopolistique.

D'autres solutions sont possibles, sachant que si on privilégie la possession exclusive fondée sur un droit légal d'exclusion, la question du mode d'appropriation devient insurmontable, inextricable. Un véritable noeud gordien. Quelles solutions ?

  • Le secret commercial. Mais s'il est possible pour une entreprise, cela me semble compliqué pour les Archives Départementales.
  • Revendiquer la possession exclusive après avoir fourni la preuve que l'on est bien l'inventeur. Cela implique de mobiliser des dispositifs juridico-sociaux autour du droit de propriété intellectuelle. Bref, des années de procédure.
  • Créer une difficulté pour copier l'invention. Là encore cela ne me semble pas simple pour une administration.

Selon les économistes de la connaissance, la meilleure solution reste un travail en commun de l'ensemble des parties en présence : Archives, sociétés commerciales (et non une seule), cercles de généalogie.  Un peu à la manière des Mormons il y a quelques années, où le microfilmage a été utile à tous, où tout le monde en est sorti gagnant. Je crois que cela reste encore à inventer.

Voir aussi : Actualité

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